Viendez-voir en quelques mots


Mercredi 27 décembre 2006

Chargé mercredi 27 novembre par le ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy, d'une mission sur le droit à l'hébergement, l'avocat Arno Klarsfeld s'est prononcé, jeudi matin sur RTL, pour des changements dans les conditions d'accueil des sans-abri. Il a notamment estimé qu'il fallait "multiplier les centres à taille humaine" pour l'hébergement des SDF.  

Pour lui, l'un des problèmes des sans-abri est qu'ils doivent attendre "plusieurs heures" en fin d'après-midi le car qui les conduira dans un centre parfois loin de l'endroit où ils vivent pendant la journée."Il faut donc multiplier les centres à taille humaine" dans les villes, qui
pourraient accueillir vingt à trente personnes, mais encore faut-il, a souligné Arno Klarsfeld, "que les communes soient d'accord".

Après une nuit passée dans un centre d'urgence à Nanterre (Hauts-de-Seine), l'avocat a assuré que les conditions d'hébergement y étaient "tristes mais décentes" et que les locaux "fonctionnels et propres étaient nettoyés chaque jour".

UN AMI DE LONGUE DATE DE NICOLAS SARKOZY

Mercredi, il avait également rencontré les responsables de l'association des Enfants de Don Quichotte et avait jugé que leur charte était "raisonnable et faisable" et qu'elle allait "dans le sens de ce qu'a proposé Sarkozy". Pour autant, "je ne conseille pas à M. Sarkozy de signer cette charte en l'état", a tempéré Arno Klarsfeld. Le chargé de mission poursuivra son travail par une rencontre avec l'association Droit au logement et dormira dans d'autres
centres d'hébergement.

Le ministre de l'intérieur avait déjà fait appel à Arno Klarsfeld sur différents dossiers : le "devoir de mémoire", en pleine polémique sur la loi reconnaissant un rôle positif à la colonisation, la prévention de la délinquance des mineurs ou encore la situation des parents sans papiers d'enfants scolarisés.

Cette "polyvalence" a amené Julien Dray, porte-parole du Parti socialiste, à ironiser sur la capacité de M. Klarsfeld à gérer la question des sans-abri : " Ainsi en est-il pour les SDF face à la situation actuelle, en nommant une mission, un sauveur, un monsieur bons offices, qui a d'ailleurs montré des capacités très limitées dans sa gestion précédente des familles
d'enfants sans papiers."

Par Matthieu Deprieck - Publié dans : Archives Le Monde.fr
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Mardi 26 décembre 2006
Un jeune Népalais, présenté par ses adorateurs comme la réincarnation de Bouddha et porté disparu depuis neuf mois, a été retrouvé dans l'est du royaume, a annoncé la police, mardi 26 décembre. "Une patrouille de police a découvert  'Petit Bouddha' assis sous un arbre dans la forêt de Piluwa après des rumeurs selon lesquelles des villageois avaient localisé l'enfant lundi après-midi", a précisé Rameshwor Yadav, un policier du district de Bara. C'est dans ce même district, à 150 kilomètres à l'est de Katmandou, que Bahadur Bomjan, 16 ans, avait été aperçu pour la dernière fois, en mars.

Le Petit Bouddha, un canular ?

Selon un journaliste népalais, qui affirme l'avoir rencontré récemment, le "Petit Bouddha"  a passé ces longs mois à errer dans les forêts et observe "une période de piété qui se poursuivra durant six ans". Il ne se nourrit que d'herbe et possède "une force supérieure pour méditer", a-t-il précisé.

Avant sa disparition, l'adolescent avait attiré des dizaines de milliers de bouddhistes, curieux et dévots, venus voir celui qui n'aurait ni mangé, ni bu pendant près d'un an. Les visiteurs ne pouvaient s'approcher à moins de cinquante mètres. La nuit tombée, un rideau le cachait à la vue du public et personne ne savait alors ce qu'il faisait jusqu'au lendemain matin. Devant les rumeurs d'un canular, le gouvernement avait ouvert une enquête dont les conclusions n'ont toujours pas été rendues.
Par Matthieu Deprieck - Publié dans : Archives Le Monde.fr
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Jeudi 21 décembre 2006

Full metal jacket en maillots de bain

 

Comme dans le chef d’œuvre anti-militariste de Stanley Kubrick, Coast Guards évoque la formation militaire de jeunes recrues avant de mettre l’une d’entre elles en scène sur le terrain. Mais quand Full metal jacket s’élevait dans les cieux du cinéma, Coast Guards touche le fond.

 

Selon le sous-titre, il faudrait « secourir ou périr », le spectateur fera très vite son choix : il se laissera couler à pic jusqu’à temps qu’un garde-côte, en l’occurrence l’ouvreur de la salle de ciné, ne vienne le sauver en le réveillant d’un coup de coude. Car on s’ennuie ferme dans Coast Guards. Sachant que les rares rebondissements du récit sont aussi visibles qu’un iceberg sur une mer d’huile, on s’interroge sur la pertinence des 140 minutes de film.

Au commencement de cette épopée, il y a une légende du sauvetage en mer : qui a dit Mitch Buchannon ? Non, ici, c’est Kevin glou-glou Costner qui n’avait plus connu l’océan depuis Waterworld et le souvenir d’un bide commercial et critique. Le vieux loup de mer perd toute son équipe en haute-mer, revient à terre pour former des jeunes recrues et rencontre le tout feu, tout flamme Ashton Kutcher, bien décidé à briller dans le monde des gardes-côtes. On se doute bien que le traumatisme de Costner va ressurgir (non, pas le souvenir de l’échec de Waterworld) et que les destins des deux héros vont se croiser, la chute de l’un répondant à l’irrésistible ascension de l’autre.

 

Histoire d’un naufrage annoncé

 

Finalement, la seule surprise de Coast Guards réside dans la construction du film : une première et longue partie consacrée à la formation d’une bande de jeunes (pour vous faire une idée de ce à quoi ressemble un groupe de jeunes gardes-côtes, habillez un boys band d’anoraks et jetez-les dans une piscine) puis les aventures du vieil homme, du jeune héros et de la mer, ramassés sur une grosse demi-heure. En ça, on pourrait songer à Full metal jacket. On pourrait si Andrew Davis, auteur d’un paquet de navets (parmi lesquels surnage Le Fugitif), possédait un minimum d’inventivité. Rien ne nous est épargné : la succession d’épreuves terribles sur fond de musique entraînante, le moment où les recrues font le mur, le discours père-fils entre les deux héros,…

Une fois installé dans les codes du genre, on pourrait également éprouver un certain confort intellectuel à suivre le récit mollasson. Oui mais voilà, à force de tout diluer dans le grand océan des bons sentiments, on perd le peu d’énergie dont dispose Coast Guards. Dommage pour un Kevin Costner plutôt convaincant qui parvient même à rehausser la tiédeur du jeu d’Ashton Kutcher. Il était décidément écrit que même le meilleur des gardes-côtes n’arriverait pas à empêcher le naufrage.

 

 

 

Par Matthieu Deprieck - Publié dans : Critiques cinéma
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Mercredi 29 novembre 2006
Sous l'insistance des visiteurs (qui viennent étrangement tous de Dunkerque), voici la dernière réponse du grand voyage de viendez-voir. Ce mur, vous l'aurez reconnu, est l'enceinte bâtie par l'état hébreu pour protéger les Israéliens des incursions terroristes. Tantôt appelée "enceinte de sécurité" ou "mur de la honte", cette construction de béton de plusieurs mètres de haut sépare Jérusalem ouest (juif) de Jérusalem est (Cisjordanie).

Aux côtés des plages, des lieux religieux, de tout ce qui fait le charme d'Israël, tout le sel de cette société, la politique occupe une place importante. Les Israéliens aiment débattre, confronter leurs points de vue sur la question palestinienne. Etonnament, les plus radicaux, les plus nationalistes ne se situent pas dans la population historiques israélienne mais plus du côté des immigrés, spécialement russophones voire francophones.

Voilà, j'espère que vous avez passé un bon séjour en compagnie de viendez-voir et j'espère vous revoir très vite ... pour d'autres voyages, qui sait ?

Merci à tous ceux qui ont participé directement ou indirectement, spécialement le clan dunkerquois, Prince Kastel, Lord Guiness, Comte de Grimbergen, Marquis de Sixtus

Par Matthieu Deprieck - Publié dans : Viendez-voir ... Israël
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Mercredi 29 novembre 2006
La mafia lui va si bien

Depuis Casino, en 1995, le cinéaste Martin Scorsese n’avait plus abordé le milieu de la pègre et des mafieux. Toujours sans Robert de Niro et pour la troisième fois accompagné de Leonardo Di Caprio, il réalise un polar brillant, Les Infiltrés, adaptés d’un film sud-corréen.

À force de dire que Martin Scorsese, en quittant le milieu mafieux, a perdu sa patte, qu’il ne réalise plus que des films sans relief, il fallait s’y attendre, le voici de retour au milieu des pourris et des gangsters, au milieu de la pègre irlandaise, dans un Boston aux accents seventies. Pourtant, quand il a annoncé son intention d’adapter le thriller sud-coréen Infernal affairs, les blasés et les rabats-joie ont dû gloser une nouvelle fois sur le bon vieux temps, sur le manque d’originalité de Scorsese, sur sa dissolution dans une industrie du spectacle.

Il faudrait examiner leurs visages durant les 2h30 que dure Les Infiltrés, et leur taper sur les doigts au moindre sourire, au moindre signe d’une addiction au suspense infernal que construit Scorsese. Car même en ayant vu le très bon film d’origine d’Andrew Lau, on sursaute devant les rebondissements du scénario : Scorsese a trouvé le juste milieu entre l’exercice de style qui consiste à reprendre plan par plan une œuvre originale (voir Psycho de Gus van Sant) et le massacre que subissent actuellement les films asiatiques (surtout d’épouvante) passés à la moulinette hollywoodienne. Le spectateur est donc embarqué dans une autre atmosphère, totalement immergé, ne pouvant sortir la tête hors de Boston qu’une fois le générique déroulé.

Si Scorsese parvient si bien à nous emmener, c’est qu’il revient sur les terres qui l’ont fait entrer dans le cercle des grands cinéastes. Même si ses précédentes réalisations étaient loin d’être des ratés (comme on a pu l’entendre), depuis Casino, dernier film de ripoux, on n’avait pas senti un tel plaisir chez Scorsese à filmer, à se faire rencontrer autant de personnages à la psychologie complexe dans la même pièce, à montrer les magouilles des uns et des autres, de la police et des mafieux.

Alors, bien sûr, Les Infiltrés reste un remake avec tous les défauts que cela comporte. Le scénario, par exemple, reste le même à peu de choses près. Deux jeunes d’origine irlandaise sortent de l’académie de police et intègrent les forces spéciales de la police de Boston : l’un, Collin Sullivan (Matt Damon) est le bras droit de Costello, le chef de la mafia irlandaise, l’autre, Billy Costigan (impeccable Léonardo di Caprio), infiltre la bande de … Costello, justement. Une histoire de destins croisés, où le bon n’est pas là où on l’attend, où le moyen ne compte pas tant que le but est atteint.

Et au milieu d’un casting royal, Jack Nicholson

Mettons le scénario de côté : même s’il est excellent, plein de rebondissements, il ne démontre aucun talent. La leçon de Scorsese se situe ailleurs, dans la mise en scène, dans une réalisation classique sublimée par un montage assez audacieux pour impulser un rythme d’enfer à l’ensemble. La photographie, elle, confère à Boston version années 2000, une atmosphère proche de Mean streets, Taxi driver, ou des vieux films de Lumet, en fait des polars dans des rues sombres, dans de vieilles bâtisses qui sentent la poussière et le crime.

Si l’on oublie les surprises du film original, c’est qu’à la place du montage épileptique d’Infernal affairs, du ton symboliste et métaphorique du film, Les Infiltrés prend plus son temps, dit plus de choses et en suggère d’autres. C’est que Scorsese a compris qu’il serait ridicule de vouloir copier le style « hongkongais ». Son style, il l’imprime grâce à une brochette d’acteurs de renom, dont on jurerait qu’ils sont nés pour faire ce film, tant ils ont la gueule de l’emploi. Que ce soit Alec Baldwin, Martin Sheen, Mark Wahlberg, ou bien évidemment le duo Damon-Di Caprio, tous incarnent la palette de sentiments dont disposent leurs personnages. Et puis, au milieu, il y a Jack Nicholson, incroyable en patron de la mafia, d’un inquiétant calme dans sa traque à l’agent double infiltré dans sa bande.

C’est du Scorsese tel qu’on l’aime : brutal, passionné, sombre, violent parfois drôle. Les blasés et les rabats-joie pourront ravaler leur « Scorsese, c’était mieux avant ».

Par Matthieu Deprieck - Publié dans : Critiques cinéma
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