Viendez-voir en quelques mots


Jeudi 9 novembre 2006

Owen Wilson remue le ménage

 

Une histoire de chômeur qui s’incruste dans un couple en pleine réussite, de quoi donner un film prévisible et sans intérêt ? Ce serait oublier que Owen Wilson s’impose comme l’un des grands noms de la comédie américaine et qu’il est capable d’animer un film à lui seul.

 

Toi et moi, c’est Carl et Molly Peterson (Matt Dillon et Kate Hudson dans la vraie vie), follement amoureux parce tout nouveau couple, fraîchement marié dans un décor de rêve à Hawaii. C’est d’ailleurs à Hawaii que déboule Dupree, ami d’enfance de Carl. Après le discours traditionnel du père, la fête bien arrosée et la pièce montée, tout le monde retourne chez soi. Dupree et Carl débriefent le voyage de noces devant une bonne bière. Carl ne traîne pas trop, c’est que sa nouvelle femme l’attend à la maison : au moment de partir, Dupree annonce à Carl qu’il n’a plus de logement, qu’il a perdu son emploi et la voiture qui allait avec. Et comme Carl est un bon ami, il propose à Dupree de rester dormir pour quelques jours à la maison.

Si je vous dis que Dupree est l’inverse du golden boy joué par Matt Dillon, qu’il est un grand enfant pris en plein crise d’adolescence, vous vous dites sûrement que le scénario n’est pas bien original et que cette nouvelle comédie consistera à montrer comment un glandeur va faire imploser un couple rongé par le travail trop prenant de Monsieur. Pas du tout. Si le personnage de Matt Dillon sent le déjà-vu, celui de Dupree est réellement innovant. Incarné par un Owen Wilson, toujours aussi drôle et remuant, Dupree sauve le film de la noyade, le fait passer du statut de simple épisode de série pour enfants à celui de vraie bonne comédie à voir entre amis.

 

Garder le cap de la comédie

 

Car Dupree est peut-être un glandeur, il n’en reste pas moins sympathique, plein de bonne volonté et lucide. Il ne passera pas une heure du film assis en caleçon dans le fauteuil, il préférera devenir l’ami de tous les enfants du quartier et jouer avec eux au base-ball. L’intérêt de Toi, moi et Dupree, réside dans le troisième personnage du récit. C’est l’originalité qu’il apporte dans une comédie que l’on pensait plate et caricaturale qui donne envie au spectateur d’aller au bout du film, de voir Dupree sauver Carl de son boulot, d’assister à la fin finalement logique pour ce genre de film : un renversement des rôles entre Carl et Dupree, l’un communique sa désinvolture à l’autre qui, en échange, lui offre un peu de sérieux.

Eh bien, nouvelle surprise ! La fin prévisible n’aura pas lieu. Quand nombre de comédies passe par un inutile épisode dramatique en espérant donner de la consistance à une farandole de sketchs plus ou moins drôles, le film des frères Russo conserve le même ton durant plus d’une heure et demie. Bien sûr, il y a ce moment où sous la pluie le personnage principal déprime, se saoûle parce persuadé que son couple est un échec. Il y a aussi ce moment où le supposé loser ne le sera pas tant que ça.

Mais si Toi et moi et Dupree est une comédie réussie, c’est que même lorsqu’il utilise des caricatures, il le fait avec précaution, prenant bien soin d’entourer la séquence de moments plus créatifs. Dans cette optique, difficile de comprendre ce qu’apporte le rôle du beau-père joué par Michael Douglas. Indélicat avec Carl mais protecteur avec sa fille, il lance le film sur les bases d’un genre différent et archi-exploité, au point que l’on se demande si les beaux-parents américains sont génétiquement plus féroces que les Français. Au final, cela ressemble plutôt à un cadeau à la star qu’est Michael Douglas, rien de plus. Il ne trouve son utilité que dans les derniers instants du film, le temps d’une course-poursuite entre Dupree et un vigile fidjien dans les bureaux de Jack. Si l’image vous fait sourire, allez voir Toi et moi et Dupree, vous passerez un moment agréable en compagnie d’Owen Wilson et des autres. Et vous assisterez aux premiers pas de Lance Armstrong devant la caméra !

Par Matthieu Deprieck - Publié dans : Critiques cinéma
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Jeudi 9 novembre 2006
Il ne fallait donc, pour une fois, pas découvrir le nom d'une ville mais l'affiche d'un match de foot. Et ce match opposait le Maccabi Haïfa au Maccabi Petah Tikvah. Les observateurs auront remarqué que la tribune à l'arrière-plan est totalement vide. Et ce n'est pas parce qu'elle est fermée pour rénovation.

Certes, le football en Israël est un sport populaire : les chaînes de sport en diffusent en boucle mais privilégient les championnats étrangers. La ligue israélienne ne déchaînent pas les passions et même si ce soir joue le plus grand club du pays, ils sont peu nombreux à avoir fait le déplacement jusqu'au minuscule stade de Petah Tikvah. 5 000 personnes environ sont venus voir le champion en titre et occupe une des deux tribunes (sur les côtés, il n'y en a aucune, le stade est ouvert sur les deux côtés.

A côté d'une douzaine de formations qui participent au championnat dans un quasi-anonymat, le seul club qui fait parler de lui, en tout cas à Tel Aviv (ce que nous n'avons observé qu'à de très rares occasions), c'est le Beitar Jérusalem. Surtout parce que son propriétaire, Arcady Gaidamak, est un Russe à la réputation sulfureuse. Le Beitar, c'est un peu le Chelsea israélien.

Allez à demain pour la sixième étape !
Par Matthieu Deprieck - Publié dans : Viendez-voir ... Israël
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Jeudi 9 novembre 2006
Viendez-voir mais quoi ! Un cliché un peu spécial aujourd'hui, ce n'est pas un lieu que nous allons découvrir, plutôt une spécificité israélienne. Quel est le poids du football dans ce pays, pour cela je vous invite à deviner quelles équipes sont opposées au stade de Petah Tikvah (il s'agit d'un petite ville à une quinzaine de kilomètres de Tel Aviv) sur la photo. A l'affiche ce soir :



- l'équipe nationale israélienne, ici en blanc et bleu, affronte, dans une ambiance de folie, la Biélorussie. Ce match amical vise à préparer l'équipe nationale aux éliminatoires du prochain Euro.

- l'équipe du Maccabi Haïfa dispute un match de championnat. L'équipe tente cette année de remporter son quatrième titre consécutif, son sixième titre en sept ans. C'est comme Lyon sauf qu'il n'y a pas ici Maccabi coiffeur, Maccabi taxi,...

- une sélection d'anciens joueurs de l'équipe israélienne rencontre l'équipe locale de Petah Tikvah pour un simple match de gala  en faveur des victimes du Liban.

A demain pour la  réponse...
Par Matthieu Deprieck - Publié dans : Viendez-voir ... Israël
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Mercredi 8 novembre 2006

Un film noir, bien corsé

 

Attention chef d’œuvre ! Le dernier film de Brian de Palma est une pure réussite dans son domaine, le film noir, mais aussi une véritable leçon de cinéma tant il lance de nouvelles pistes en matière de mise en scène et de conduite du récit.

 

Pour trois raisons au moins, le dernier film de Brian de Palma est un hommage au film noir : parce qu’il est l’adaptation d’un polar culte de James Ellroy, parce que les femmes y sont fatales, parce que c’est l’histoire d’un homme naïf manipulé par toutes sortes de personnages ténébreux. Mais Le Dahlia noir est surtout une œuvre 100% de Palma. Certes, les codes du film noir se retrouvent concentrés dans deux heures d’un scénario virtuose, mais ce sont surtout tous les thèmes du cinéma de De Palma qui se sont donnés rendez-vous dans Le Dahlia noir.

Ironie du sort, à l’origine, c’est David Fincher, le réalisateur de Seven, qui devait signer le film. Difficile de croire qu’Ellroy n’a pas écrit son livre pour De Palma, tant dans le récit, on y trouve des réminiscences des précédents films du cinéaste : l’ascension d’un jeune homme devenu malgré lui héros (Scarface, L’Impasse), un crime qui tourne à l’obsession (Blow out), un hommage aux intrigues hitchcockiennes (Obsession), des manipulations infinies (Body double),…etc. Le Dahlia noir s’offre donc comme un condensé de l’art d’un des maîtres du nouveau cinéma américain.

 

Jeux d’ombres dans l’Amérique des années 40

 

Tout dans le roman de James Ellroy est un point de départ au développement des thèmes de De Palma. Le Dahlia noir raconte la véritable histoire du meurtre de la starlette Elizabeth Short à la fin des années 40 et l’enquête menée par deux anciens boxeurs. L’un d’eux est loin de se douter de ce qu’il va découvrir, de l’ampleur des secrets que masque, directement ou indirectement, ce fait divers. En tant que polar pur et dur, le scénario joue un rôle déterminant : il faut pouvoir tenir en haleine le spectateur jusqu’au machiavélique bouquet final, objectif parfaitement rempli par De Palma.

Surtout, le roman d’Ellroy permet au réalisateur de s’offrir un voyage dans l’Amérique d’après-guerre, un voyage qui rappelle Les Incorruptibles. Les décors rétros, les femmes qui tirent sur leur porte-cigarette, les vieilles voitures, les gangsters à la mine patibulaire sont magnifiés par une mise en scène moins clinquante que par le passé mais tout aussi virtuose, faite de contre-champs et de jeux d’ombres. Il y a de l’expressionnisme allemand tendance Métropolis dans Le Dahlia noir, surtout parce que le personnage joué avec brio par le jeune Josh Harnett paraît totalement largué dans un  monde qu’il ne soupçonnait pas aussi noir.

Film très dense, Le Dahlia noir veut en dire beaucoup, veut expliquer l’impact des événements sur nos actes, veut prouver que nous ne sommes que des éponges, imprégnées par les images et les sons qui nous entourent. Pour tout organiser, le monteur habituel de Brian De Palma, Bill Pankow, est obligé de croiser les différents niveaux du récit, jouant des ressemblances entre les personnages. Ces correspondances contribuent au malaise qui entoure le film. La beauté des trois principaux rôles féminins (magnifiques Scarlett Johansson, Mia Kirshner et Hilary Swank) côtoie la violence de l’univers sombre du Dahlia noir. L’érotisme du film puise ses forces dans les meurtres et la violence latente du récit.

James Ellroy, marqué par la mort de sa mère dans des circonstances proches de celle du film, a trouvé en Brian De Palma la personne idéale pour prolonger la réflexion sur les obsessions qui hantent chacun. Et Brian De Palma semble renaître quand il s’agit d’évoquer les thèmes qui ont donné naissance à ses plus grands chefs d’œuvre. Le personnage de Josh Harnett affirme à un moment : « Rien ne disparaît pour toujours ». Espérons que cela soit valable pour Brian De Palma.

Par Matthieu Deprieck - Publié dans : Critiques cinéma
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Mercredi 8 novembre 2006
... Tibériade. A 200 mètres sous le niveau de la mer, le lac de Tibériade s'étend sur une superficie bien moindre que celle de la Mer morte (une vingtaine de kilomètres de longueur). Le cadre y est surtout bien moins idyllique. Les plages à proximité de la ville sont toutes privées et payantes. Une privatisation qui ne plairait pas à Jésus Christ. Selon la Bible, c'est là que se serait déroulé l'épisode de la pêche miraculeuse. Les rives du lac sont entièrement contrôlées par Israël, même si à l'est s'étend la Syrie.

La ville de Tibériade n'est pas la plus belle d'Israël, loin de là. Cela vaut le coup tout de même de faire le voyage à travers la Galilée de Nazareth (une demie-heure de route) pour surplomber la ville, puis descendre, descendre, passer le panneau qui indique le niveau de la mer et arriver dans le centre-ville.

Au fait, le panneau à côté de la sculpture annonce l'altitude à laquelle se trouve le lac. A tout à l'heure pour la cinquième étape !
Par Matthieu Deprieck - Publié dans : Viendez-voir ... Israël
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