Plus stalactite que stalagmite !
Question faune et flore des milieux souterrains de Roumanie. Je suis … je suis … Top. Je suis une créature haute de trois mètres, pourvue de dents acérés qui me permet de déchiqueter mes proies, et de grandes ailes translucides grâce auxquelles je vole. Je vis dans une grotte en Roumanie, à proximité d’une titanesque rivière souterraine. Je me nourris exclusivement d’acteurs américains bodybuildés, au sourire éclatant et de jeunes actrices à la poitrine proéminente. Je suis … je suis le monstre de La Crypte, premier film de Bruce Hunt, assistant réalisateur sur Matrix et Dark city.
La Crypte n’est rien de plus que l’histoire d’une équipe de plongée partie sous terre pour explorer une rivière souterraine de 150 kilomètres de long. L’équipée se transformant très vite en boucherie, la faute à une grosse bestiole, fils d’Alien et d’une gargouille. Tout un programme.
Son film, Bruce Hunt le construit au bulldozer ! Sus à la cohérence psychologique de ses personnages (je suis en danger mais je cours en direction du prédateur), sus à toute action secondaire qui pourrait ralentir l’expédition de nos héros ! Et c’est ce qui est plaisant dans cette Crypte. L’académisme de la mise en scène et la linéarité de la narration permettent de ne laisser de côté aucun spectateur et de créer un suspense fort plaisant. On sursaute à quelques reprises, on apprécie la tension proche de celle de la quadrilogie Aliens (il faut dire que le physique de la créature nourrit la ressemblance).
Mais catastrophe ! Bruce Hunt décide d’en rajouter une couche, puis deux, jusqu’à construire un film foutoir où toutes les créatures rencontrées sont assoiffées de sang (de l’anguille à la chauve-souris) et en veulent particulièrement aux spéléologues.
« Fuyez ! » devient un mot d’ordre autant pour les protagonistes que pour le spectateur. On n’y comprend plus grand chose, on ricane devant l’un des scientifiques en débardeur, suant, et exposant son impressionnante plastique. Au fil de l’action, le réalisateur semble perdre pied et oublie la simplicité des premières minutes. D’un film qui se nomme La Crypte et qui adopte comme sous-titre « Sous terre, il y a l’enfer. Et sous l’enfer, il y a … », le spectateur n’attend rien d’autre qu’un film fantastique où chaque contre-plongée, chaque plan suggèrent la présence d’une bestiole prête à bondir sur de la viande fraîche. C’est ce que le film nous apporte avant donc de lâcher les fauves : ça tranche de partout, le sang gicle … et le scénario flanche.
Plus palpitant qu’une visite guidée de Lascaux, plus spectaculaire qu’une descente en famille dans le gouffre de Padirac, La Crypte divertit sans trop agacer. Dommage que Bruce Hunt ne peut empêcher sa production de tomber toujours plus bas. Une descente aux Enfers dont le point d’orgue tient dans les dernières secondes.
Mauvaise nouvelle : il y aura certainement un second volet à cette crypte.
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Etonnant pour un film qui met à l’affiche Charlize Theron. Etonnant pour un film mis en scène par Karyn Kusama, réalisatrice de Girl fight, film sur la boxe féminine (sans Hilary Swank !) Etonnant pour un film d’action et d’anticipation, thèmes appréciés du grand public. Les financiers auraient-ils senti le souffle de l’échec pour réviser subitement leur plan de sortie ? Sur un plan cinématographique, cette décision est plus qu’étonnante. Elle est injuste. Pourquoi Bambi 2 aurait-il droit à une sortie honorable (alors qu’il est programmé le jour de la sortie des Bronzés 3) ? Pourquoi surtout The Island de Michael Bay, jouant sur le même tableau que Aeon flux, a lui bénéficié d’un nombre de copies impressionnant ? Que ce film n’ait pas sa chance sur grand écran, qu’il parte avec un boulet aux pieds, c’est injuste.
Dans Bubba Ho-Tep, on tourne en ridicule la mythologie égyptienne, une gloire du rock n’roll et un ancien président des Etats-Unis. Elvis, accompagné d’un camarade d’hospice -un papy noir qui prétend être John Kennedy- décide de chasser une momie égyptienne avaleuse d’âmes venue terroriser les occupants de la maison de repos. Complètement absurde. Mais jamais, le récit n’est le point de départ d’un délire non maîtrisé. Les plaisanteries restent cadrées par l’écriture et le sérieux des personnages. Et lorsqu’elles se libèrent de ce carcan, le rire est encore plus puissant.