Le succès littéraire entraîne une surexposition médiatique et force le jeune auteur à se retirer. Direction la Papouasie-Nouvelle-Guinée. La légende raconte quil traverse lîle ne sautorisant quà manger quelques racines. Une expérience qui change radicalement sa vision de la vie et de la littérature. Finie la poésie précieuse ! Place au roman prolétaire, plus proche de la réalité. Il revient en France en 1996, soutient les sans-papiers de léglise Saint-Bernard et lance un vibrant appel pour leur régularisation. Cest à cette époque quil rencontre Emmanuelle Béart dont il devient lami intime.
Lappel des sirènes de la jet-set ne le détourne pas de son engagement artistique et politique. Il se rapproche des cercles élyséens, rencontre quelques décideurs français et glisse à loreille, sur le ton dune boutade, à lun deux de dissoudre lAssemblée nationale. Aussitôt dit, aussitôt fait. Cette anecdote prouve laura dont jouit Matthieu Deprieck à lépoque. Lauteur avouera plus tard que cest à la suite dun pari avec des amis que cette plaisanterie lui est venue à lesprit.
Sen suit une période de disette littéraire jusquà lécriture de son troisième roman Et on entend dans les champs Une délicate ballade contant lamour platonique dun éléphant pour un chimpanzé, plaidoyer pour une société plus tolérante où le droit à la différence serait enfin respecté. Nous sommes en 1999. Le jury Goncourt est conquis. Mais Matthieu Deprieck refuse le prix et transmet aux membres du plus prestigieux des prix littéraires le numéro de téléphone de Jean Echenoz. La suite est connue.
En 2002, cest la consécration ultime. Il écrit les paroles dune chanson pour Johnny Hallyday, chanson qui devient quelques mois plus tard lhymne des Bleus pour la Coupe du monde au Japon et en Corée du Sud. Sa ville lui rend hommage en le nommant tambour-major du Carnaval 2003. Derrière lui se pressent des milliers de masquelours, chantant leur joie de vivre et, pour certains, leur trop-plein de bières.
Mais toute chose a une fin. Lanimateur Bernard Pivot sera malencontreusement le point de départ dune longue descente en enfer. Lors de sa fameuse dictée, édition 2004, il participe à la grande finale et réalise plus de trente fautes. La rumeur de « nègres » travaillant pour lui court dans tout Paris. Sa réputation est ruinée.
En 2005, il songe au journalisme et intègre le Centre de Formation des Journalistes de Paris. Gainsbourg disait de la chanson quelle était un art mineur. Le journalisme, Matthieu Deprieck le résume « à de mauvaises frites ayant trop baignés dans lhuile de la littérature. »
