Actualité (articles inédits)

Lundi 16 janvier 2006
Qu'on se le dise, Ségolène Royal sera présidente de la République en 2007. Et que personne ne moufte. Au risque d'être taxé de machiste. Le tout mou Alain Duhamel a essuyé les plâtres. Honte à lui, il a osé mettre en cause la capacité de la femme politique à diriger un pays.

 

Aujourd'hui, il est difficile de s'exprimer librement à propos des femmes. On retient ses mots, on emploie la langue de bois, on flatte les femmes. Elles deviennent même une attraction pour les médias.

Pourquoi les journaux télévisés ont accordé tant de temps d'antenne à une élection présidentielle chilienne? Parce qu'une femme était en voie de se faire élire présidente. Vous vous rendez compte! Dans une société machiste en plus. La France a découvert le Chili et ses deux candidats (Michelle Bachelet et le vil capitaliste qui fit fortune en introduisant la carte bleue dans le pays, Sebastian Pinera). Alors imaginez, une affiche de rêve! De quoi intéresser le téléspectateur. Une femme divorcée, à la tête d'une famille recomposée contre un capitaliste qu'on ne qualifie que par son introduction de la carte bleue. Est-ce une caricature de dire que la joute électorale opposait une femme libre et humaniste face à un homme d'affaires qui dirigerait un pays comme une entreprise? Apporter une réponse à cette question nécessite une longue réflexion. Plus longue qu'un sujet de JT!

La femme devient star des reportages. Est-ce une avancée du féminisme? Pas sûr. D'autant que des idées politiques de Michelle Bachelet, on ne connaît (presque) rien. En France, Michelle Bachelet est d'abord une femme, avant d'être le nouveau président du Chili. De même pour Ségolène Royal.

Toi, l'homme avachi dans ton fauteuil, sûr de conserver le pouvoir, prends garde au retour des femmes. Fort heureusement, lorsqu'en face d'une femme politique se tient un grand footballeur, George Weah, les médias se tournent vers le deuxième. Le foot devant les femmes, l'honneur est sauf!

Par Duc de Rodenbach
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Mercredi 8 février 2006

Manif’ anti-CPE : la gauche se tourne le dos

 
Vingt-quatre heures avant le grand rassemblement de la gauche à la Mutualité, les différentes forces de gauche occupent le terrain de la manif’ anti-CPE. Avec en queue de peloton, le PS, le PCF et les Verts. La LCR, elle, se tient en tête de cortège. Loin des forces gouvernementales de gauche.
 

« Machin est là ! » Machin en l’occurrence, c’est Jack Lang. Difficile de le louper, tant la nuée de journalistes autour de lui et de ses camarades socialistes est impressionnante. Ils sont tous venus de Dominique Strauss-Kahn à Bertrand Delanoë en passant par Daniel Vaillant et le patron François Hollande. Ils sont venus. Ou plutôt ils se sont invités. Car la foule de manifestants autour d’eux leur réserve un accueil plutôt mitigé.

Un syndicaliste CGT des hôpitaux de Paris tente de s’approcher de la troupe et crie dans son mégaphone toute sa colère. Le maire de Paris n’a jamais souhaité le recevoir alors que les réductions de personnel dans les établissements de la région parisienne vont bon train. L’intervention s’achève sur un lapidaire : « Socialiste de mes deux ». Et la foule d’approuver par un : « Bravo camarade ! ».

Pour Patrick, syndicaliste CGT chez Auchan, ce n’est pas vers les politiques qu’il faut se tourner aujourd’hui. Mais vers les milliers de manifestants qui remplissent le boulevard Beaumarchais. Cette saynète ne l’étonne pas ; « Pour une fois qu’ils sont là, il faut en profiter. J’ai fait beaucoup plus de défilés avec la LCR qu’avec le parti socialiste. » Les badauds partagent cet avis sur l’inaction (présumée) de la formation politique. Et fustigent le décalage existant entre les salariés inquiets et ceux sous les feux médiatiques. « Il ne parle pas la même langue que nous » pointe l’un d’eux.

Dans le cortège s’empilent les syndicats et les organisations étudiantes. Tous moquent le CPE, tour à tour Contrat Précarité à l’Embauche ou Contrat Pour l’Esclavage.

Plus loin, bien plus loin, Olivier Besancenot répond à des questions pour une télé étrangère. Fidèle à son image, jean et doudoune, un autocollant LCR sur la jambe. Aujourd’hui, les manifestants étaient bien encadrés.

Une heure et demie plus tard, place de la Bastille, les socialistes ont plié bagage. Ils sont déjà à l’Assemblée nationale. Les autres continuent de marcher.

Par Duc de Rodenbach
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Jeudi 16 février 2006
Malgré tout le confort que le cinéma numérique peut apporter, le monde du septième art reste sceptique. En jeu, le coût du renouvellement des projecteurs et la protection des œuvres.
 

Une nouvelle ère pour le cinéma. C’est ainsi que les amoureux des nouvelles technologies définissent l’arrivée du numérique dans les salles obscures françaises, nous promettant un confort visuel et sonore prodigieux. Imaginez. Vous êtes confortablement installé devant un écran de 50 mètres de large et vous regardez le DVD de votre film préféré. Qu’attendons-nous ? Embarquons dans l’ère du numérique !

 
Pour l’addition, voyez avec les spectateurs
 

Derrière les promesses faites par les distributeurs et les grands studios de cinéma, de nombreux problèmes se présentent. Premier d’entre eux : qui supportera le coût de la révolution ? Car, pour projeter un film en qualité numérique, il faut bien évidemment acquérir un projecteur numérique et un serveur pour stocker les copies des long-métrages. Selon un rapport du Sénat daté de mai 2003, « un équipement performant reviendrait à 200 000 euros : 150 000 euros pour le projecteur et 50 000 euros pour le serveur. » Les sénateurs de conclure : « l’investissement à consentir par les exploitants reste donc, pour le moment, très élevé. » Et même si le coût du matériel a sensiblement baissé, le numérique reste une exception. Pour preuve : une vingtaine de salles (seulement) en France bénéficient du nec plus ultra. Une centaine dans toute l’Europe, autant que pour les Etats-Unis.


Si les Américains se sont jetés les premiers dans la bataille, c’est que les grands studios en avait assez de dépenser des milliers de dollars tous les ans pour développer le film et le distribuer. On estime que les majors dépensent chaque année environ 1,2 milliard de dollars pour le tirage et l’acheminement des bobines. Le numérique réduirait considérablement ces coûts. Et qui dit réduction des coûts, dit augmentation des profits. Les gérants de salles ont bien compris cela. Et refusent de payer pour un changement d’équipement dont ils ne bénéficieront pas directement. Dans cette partie de ping-pong entre exploitants et distributeurs, la première victime risque bien d’être le spectateur. Une taxe sur le billet d’entrée d’environ un euro pourrait servir à financer la coûteuse transition du cinéma français.


 
Un cadeau aux pirates
 

Autre frein à l’expansion du numérique, la protection des œuvres. Avec le numérique, les copies n’emprunteront plus les routes françaises pour se rendre dans les salles de nos belles provinces. Les données navigueront sur les autoroutes d’Internet. Avec le risque d’être pris dans une embuscade. Pour résoudre ce problème, les constructeurs ont pensé à tout. Les fichiers seront cryptés avant l’envoi, ce qui rendra le film illisible. Le principe s’apparente à celui utilisé par Canal+. Quand on sait que des milliers de décodeurs pirates fonctionnent à l’heure actuelle, il convient de s’inquiéter.


Et puis, à l’heure où l’on tape sur les doigts des internautes français, les criminalisant pour une pratique devenue courante, on transporte devant leur nez des films encore inédits en salle. Ridicule !


Pour l’heure, ce sont surtout les distributeurs qui poussent le cinéma français à accepter le numérique. Logique puisque cette révolution leur profitera directement. Les exploitants, producteurs et artistes n’ont pas encore l’air prêt. Témoin le tollé suscité par la décision de Steven Soderbergh de sortir son prochain film Bubble à la fois sur grand écran et en copie numérique, accessible sur Internet moyennant quelques dollars.

A Hollywood, pour une fois, le happy end n'est pas garanti.



 
Par Duc de Rodenbach
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Dimanche 19 février 2006

Que s’est-il passé à Haïti le 7 février dernier ? Cette question restera, à jamais, sans réponse. L’élection à la présidence de René Préval dès le premier tour a clos les débats. Haïti a un nouveau président. Point final. Pourtant, les circonstances de son accession au « trône » restent troubles. Un flou que percent à leur manière les médias français.

 

A qui la fraude ?

 

Par un tour de passe-passe, la commission électorale haïtienne et les Nations Unies ont convenu que René Préval avait recueilli plus de la majorité absolue dès le premier tour. Alors qu’au lendemain de l’élection (le 8 février dernier), il ne comptabilisait qu’un peu plus de 49% des suffrages exprimés. En mettant de côté les bulletins blancs, chaque candidat augmentait sa réserve de voix de 1%. Préval devenait alors le nouveau président de Haïti. Ses partisans pouvaient cesser les manifestations sauvages dans les rues. Il n’y aurait pas de second tour.

Si une partie de la population haïtienne grondait dans les rues de Port-au-Prince, c’est qu’elle croyait savoir que les résultats avaient été truqués. Et dans les JT français, on a pu voir effectivement des images de bulletins à moitié brûlés, retrouvés dans une décharge. Les soupçons de fraude prenait donc vie devant les caméras du monde entier. Et les manifestants semblaient donc avoir raison. Cette image restera sans commentaire, sans explication. S’agissait-il réellement de suffrages détruits par des adversaires de Préval ? Silence radio. Au contraire, les journalistes ont insisté sur la manipulation des résultats par la communauté internationale. Manière de dire qu’il est dommage de céder face aux violences de la rue.

 

« C’est pas lui qu’on avait choisi »

 

Si effectivement, les résultats de Préval, les 49%, ont été amputés d’une partie des suffrages, il fallait soit rééquilibrer les scores (solution pas très catholique mais choisie par la communauté internationale), soit organiser un nouveau premier tour. Les JT, eux, ont sous-entendu que le résultat avait été arrangé pour apaiser la rue. Pourquoi ? Parce que Préval ne devait pas gagner, du moins pas dès le premier tour.

De notre point de vue, impossible de croire que les électeurs haïtiens ont pu se rassembler derrière un lieutenant d’Aristide. On leur donne le droit de vote, la démocratie et ils choisissent le régime autoritaire d’antan. Des élections pour les Haïtiens ? De la confiture à des cochons, oui !

Dans notre souci d’aider l’un des pays les plus pauvres du monde à adopter la meilleure façon de gouverner (la nôtre), on oublie que la population cultive d’autres attentes pour le moment. Au lieu d’essayer de comprendre pourquoi Préval est de retour au pouvoir cinq ans après l’avoir quitté, au lieu de faire la lumière sur les soupçons présumés de fraude électorale, pleins de rancœur, nous préférons penser que décidément, Haïti ne comprendra jamais rien à, la démocratie.

Par Duc de Rodenbach
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Samedi 25 février 2006

Vendredi soir, porte de Clignancourt, il faisait un temps à ne pas mettre un footballeur dehors. Ils étaient pourtant huit sur le terrain, prêts à mouiller le maillot. Récit du match.

 

Il est petit, porte dans son dos le nom de Ronaldinho et donne le tournis à la défense adverse. Malik, jeune collégien, a marqué la rencontre de son empreinte. Par ses courses chaloupées, ses dribbles spectaculaires et une facilité agaçante, le joueur a largement contribué à la victoire de son équipe par 11 buts à 7. A ses côtés, des coéquipiers expérimentés et affûtés, s’appuyant sur un solide jeu collectif. Pour Henri Dreyfus, «  Malik incarne la vista. Je suis plutôt physique. Et Fanch réunit les deux. » Un cocktail détonnant complété par Simon Fichet, feu follet tentant d’échapper au marquage strict de l’équipe adverse, et ce malgré un genou gauche encore fragile.

 
Un genou à terre
 


Le genou gauche, voici la clé de cette rencontre ! Alors que Maxime Souville, Gabriel Bourovitch et Septime Meunier tentaient, par de courtes passes, de refaire leur retard au compteur, Matthieu Deprieck s’écroulait, victime d’un choc genou contre genou avec Dreyfus. Difficile de poursuivre la rencontre dans ces conditions. Déjà en difficulté balle au pied dans les premières minutes, celui que l’on surnomme « le papillon » était stoppé en plein vol. Serrant les dents, il tenta bien de retrouver ses esprits en défense. Avant de se résoudre à abandonner ses partenaires. « Il ne s’agit pas de se trouver des excuses. Mais c’est évident qu’avec un joueur en moins, il est beaucoup plus difficile de relever le défi physique lancé par nos adversaires. Ce qui n’efface pas ma part de responsabilité dans cette défaite. Je n’étais pas dans le coup. Il y a des jours avec, des jours sans » regrettait Deprieck au moment de regagner les vestiaires.

 

Et c’était bien un jour sans pour « le papillon ». Jamais, il n’a pu suivre les coups de butoir de Meunier, les fantaisies de Bourovitch et les courses en avant de Souville. Résultat. Une large défaite qui ne reflète pas la montée en puissance d’une équipe en devenir.

 
 
 
Par Duc de Rodenbach
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