Viendez-voir ... Israël

Samedi 30 septembre 2006

D'un vert à l'autre


Joueur de l'ASSE de 1999 à 2001, Alain Masudi a connu plusieurs clubs depuis son passage stéphanois. Cet été, il a signé pour le club israélien du Maccabi Haïfa, vainqueur du championnat à cinq reprises en six ans. Avec l'objectif de moins en moins secret de revenir en France, et peut-être à Saint-Etienne.


La France, la Suisse, l'Autriche et maintenant l'Israël. Alain Masudi, international congolais mais français d'adoption puisqu'arrivé à l'âge de trois ans, a vécu de nombreuses aventures. Même la guerre et les bombardements. C'était cet été. Alain vient de signer pour le Maccabi Haïfa, les Verts comme on les surnomme. Le Hezbollah enlève quatre soldats israéliens, l'armée réplique. Les premières roquettes tirées depuis le Liban s'abattent sur tout le nord du pays. Plusieurs touchent Haïfa, troisième ville du pays. Drôle d'arrivée pour Alain qui se souvient des premières semaines d'entraînement: « On a quitté Haïfa pour Tel-Aviv puis les Pays-Bas et l'Autriche pour deux camps d'entraînement » d'une semaine chacun. Il avoue avoir eu peur mais a pu compter sur les conseils de ses coéquipiers israéliens habitués à de tels heurts avec les pays voisins. « Heureusement qu'ils étaient là, sinon j'aurai pêté les plombs [...] T'imagines, tu joues pendant qu'à la télé, tu vois des roquettes tomber sur ta ville ».











Avec un salaire de 3 000 euros par mois et le statut de deuxième meilleur joueur du championnat israélien l'année dernière, Alain Masudi attire les journalistes et joue un rôle important dans l'effectif de Haïfa. Pour autant, à 28 ans, il aimerait revenir en France.



Les mois de juillet et d'août dernier pèsent encore sur Alain quand il parle de sa troisième saison en Israël. Avant Haïfa, il a quitté l'Autriche et Graz pour rejoindre un club israélien de second (voire troisième) rang puis l'année suivante le Maccabi Natanya. Il a une nouvelle fois quitté son club pour Haïfa et la ligue des Champions, l'objectif d'un club qui a pris pour habitude de se faire éliminer en tour préliminaire. Cette année, c'était contre Liverpool. Défaite 2 buts à 1 en Angleterre, match nul 1-1 à domicile, en Ukraine. Car Haïfa joue ses matchs à domicile à l'étranger pour des raisons de sécurité. Ce qui agace sacrément Alain. « C’est un truc de fou. On a pris l’avion quatorze fois en trois mois. Aucune équipe européenne n’a fait ça ».


Les raisons de la colère


La coupe est pleine. La tension de cet été, l'élimination de la ligue des Champions, les déplacements en Europe au beau milieu d'une semaine de championnat. Alain aimerait bien quitter le championnat israélien à la fin de la saison. Il aurait pu le faire dès cette année. « A l'inter-saison, j'ai eu des contacts avec l'OM mais j'ai préféré rester ici pour la ligue des Champions » affirme-t-il.

Ce qui le pousse surtout à vouloir rejoindre la France, c'est la différence de culture entre les deux pays. « A Haïfa, je ne comprends pas, c'est pas chaud. Alors qu'on mène 3-0, on peut se faire siffler ici. Les cadres du club en veulent plus, à 1-0 à la mi-temps, ils rentrent dans le vestiaire et demandent pourquoi on ne mène pas 2 ou 3 à 0. C'est dur, très dur. » Rien à voir avec Geoffroy Guichard et son public que regrette vivement Alain. Son désir de partir commence à s'exprimer à haute voix. Après la première défaite de la saison (3-1 contre Netanya), le milieu de terrain a bougonné dans la presse. Résultat : l'attaché de presse du club demande qu'on lui traduise ce qu'Alain dit dès qu'il entend les mots Maccabi Haïfa dans la conversation.



« Saint-Etienne, c'est Saint-Etienne »


Son retour en France, il se verrait bien le faire en vert. « Le rêve serait de revenir à Saint-Etienne », une équipe qu'il apprécie « parce qu'il y a souvent de très bon jeunes joueurs ». Il a suivi les bons débuts de l'équipe en ligue 1 puisqu'il continue de regarder la télévision française. Il garde également contact avec Herita Ilunga, international congolais comme lui et défenseur des Verts. Alain sait donc qu'un retour à Saint-Etienne est d'abord conditionné par un bon niveau de jeu. Car bien que Haïfa soit l'équipe la plus performante d'Israël, elle évolue dans un championnat à douze clubs où les stades sont bien souvent vétustes et parfois partagés entre deux équipes de la même ville toutes les deux en première division. C'est le cas du stade de Petah Tikvah, une petite ville à une demie-heure de Tel Aviv. Haïfa y est venu défier le Maccabi Petah Tikvah. Alain, en numéro 10, lance une bonne partie des attaques. Il parle beaucoup avec les mains -pour protester des fautes non sifflées- et avec les pieds -pour déstabilier l'adversaire, il enchaîne les passements de jambes.

Au club, tous s'accordent à dire qu'Alain est un joueur clé pour l'équipe. « C'était un très très bon joueur l'année dernière à Netanya, le coeur de l'équipe. Il a été élu deuxième meilleur joueur du championnat » précise Roy Daniel, l'attaché de presse qui occupait ce poste à Netanya et qui a donc suivi Alain. Pour Keynan Deykel, lui aussi défenseur à Netanya l'année dernière et aujourd'hui à Haïfa, « Alain peut jouer dans tous les championnats européens, il a un très bon physique et beaucoup de talent ». Keynan est un bon camarade, à tel point qu'il refuse de dire si Alain est, comme on le dit, un fêtard, se contentant d'afficher un large sourire.


Souvenir, souvenir


Pendant que Keynan se remémore sûrement, les plus folles nuits blanches passées avec Alain, ce dernier pense lui aux belles années stéphanoises quand il était convoité par de grands clubs européens. « En 2001, j'ai failli partir à Arsenal mais j'ai eu des problèmes familiaux, un divorce. Arsène Wenger est venu me voir deux ans de suite ». Au lieu de cela, il sera vendu par Saint-Etienne « un million d'euros » au club autrichien du Sturm Graz après avoir été prêté au club suisse de Lausanne. Le pire souvenir de son passage dans la Loire.

Si Alain ne semble pas regretter les dirigeants de l'époque, il se rappelle en revanche ses bonnes relations avec le public du Chaudron et surtout deux matchs qu'il cite sans hésiter quand on l'interroge sur ses meilleurs souvenirs des saisons 1999 à 2001. « J'ai revu la vidéo du match contre Auxerre. J'étais le seul à tenir debout. Je glissais pas, je volais. Ca faisait trois jours que j'étais à Saint-Etienne. Et puis pendant la rencontre, Robert Nouzaret [l'entraîneur de l'époque] me demande si je suis prêt à rentrer sur le terrain. Je pense que c'est le meilleur match de toute ma carrière ». Et puis il y a son but contre le PSG, le seul inscrit en première division. Pour le moment car Alain entend bien apparaître à nouveau sur les terrains français. Sans bombardement, les entraînements y seront certainement plus calmes.Quoique.


 

Paru dans Le Progrès




Par Matthieu Deprieck
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Lundi 30 octobre 2006
Viendez-voir mais quoi ? C'est la question posée chaque soir pendant une dizaine de jours. A partir d'une photo, je vous propose de retrouver le lieu d'où elle a été prise. Le but est de donner une vision d'Israël, de ses différentes facettes, de ses contradictions, par une série d'instantanés. Dis ainsi, cela peut paraître rébarbatif, mais je vous assure vous allez bien vous amuser. Ce soir, la photo, demain la réponse. Attachez vos ceintures, c'est parti. Bon voyage !

La réponse de la première étape est facile à deviner.


Vous êtes :

- à Berlin. Merde, ils ont reconstruit le mur. Il faut bien empêcher les plombiers polonais bientôt rejoints par les charpentiers roumains et les rémouleurs bulgares de venir piquer nos boulots !

- à Masada. Seuls subsistent quelques murs de l'ancienne fortresse qui avaient permis en 66 après Jésus-Christ aux Juifs de résister au pouvoir romain. Symbole de l'affirmation du judaïsme et de la construction de l'état hébreu, la fortresse de Masada est un des sites les plus visités du pays.

- à Jérusalem, dans la vieille ville. Entouré par l'Esplanade des mosquées, le Mur des lamentations est un des lieux saints du judaïsme. C'est juste derrière ce mur, entre la mosquée Al Aqsa et le Dôme du Roc, qu'Ariel Sharon avait rendu, en 2000, une visite qui allait déclencher la seconde intifada.

Participez en laissant vos réponses dans la section "commentaires".
Par Matthieu Deprieck
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Mardi 31 octobre 2006
Vous l'aurez reconnu, c'est le fameux Mur des lamentations, lieu saint du judaïsme. Derrière celui-ci, et surtout derrière l'imposante barrière de sécurité érigée par l'Etat hébreu, la Cisjordanie, territoire palestinien. A gauche et à droite, les deux grandes mosquées de Jérusalem : celle d'Al Aqsa et celle surmontée du Dome du Roc. C'est dire si la vieille ville de Jérusalem, complètement entourée de remparts, concentre les différentes religions. Le Mur des lamentations est le dernier vestige du temple d'Hérode, situé à l'ancien emplacement du temple de Jérusalem, détruit par les Romains. Les Juifs viennent y déposer leurs "souhaits" sous la forme de papiers pliés en quatre qu'ils glissent dans les fentes du mur.

A demain pour la deuxième étape, venez nombreux !
Par Matthieu Deprieck
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Mercredi 1 novembre 2006
Viendez-voir mais quoi ? Presque aussi facile qu'hier, la photo du jour nous emmène piquer une tête. Et avec la chaleur qui règne d'avril à octobre dans tout le pays, c'est plutôt agréable. En septembre, les températures tournent autour de 30 pour la côte méditerranéenne (avec tout de même jusqu'à 80% d'humidité) et dans l'intérieur des terres (hors des hauteurs de la Galilée) 35 degrés. Aujourd'hui, vous êtes :



- à Calais. Derrière les baigneurs, on devine les côtes anglaises.

- à Tibériade. Les baigneurs font trempette dans la mer de Galilée. C'est là que Jésus a marché sur l'eau. Depuis, tous ceux qui ont ressentent la foi au fond de leur coeur peuvent également flotter

- à Ein Guedi, sur les bords de la mer Morte. L'eau est tellement salée qu'il est impossible de nager, on flotte !
Par Matthieu Deprieck
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Jeudi 2 novembre 2006
C'est bien la mer Morte sur cette photo de Violaine Molinaro (il fallait que je le dise, d'ailleurs toutes les photos sont de Violaine). A l'est d'Israël, sur la frontière jordanienne, la mer Morte est une étendue d'eau fermée, étroite et surtout salée. Tellement salée qu'on y flotte. Une fois l'eau à hauteur de la taille, vous restez difficilement debout, la force de l'eau vous pousse à rester sur le dos. Impossible de nager et les téméraires qui essaieraient de le faire se retrouverait à dandiner le bas des reins pour tenter de passer de la position dorsale à la position ventrale. Ils risqueraient en outre de recevoir de l'eau dans l'oeil. Et là, une seule solution, courir vers la berge, pour asperger ses yeux d'eau douce.

Se baigner dans cette eau chaude et sans courant (on dirait en fait de l'huile) peut-être très dangereux : boire la tasse peut être mortelle. Du coup, il n'y a que quelques endroits ouverts à la baignade.

A demain !
Par Matthieu Deprieck
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